« Personne ne vous donnera vos droits ; vous aurez à combattre pour les obtenir. »

Abdullah Öcalan est né le 4 avril 1949, d’un père kurde et d’une mère turque, dans le village de Ömerli au Kurdistan turc. Issu d’une famille modeste, il fait des études de droit à Istanbul et de sciences politiques à Ankara.

Dans les années 1970, la Turquie traverse de graves crises politiques, sociales, économiques et un coup d’Etat militaire. C’est dans ce contexte amplifié par la guerre froide qu’Öcalan s’engage dans les mouvements étudiants et révolutionnaires. Il est arrêté en 1972 et passe six mois en prison à lire et à étudier. À sa sortie, il continue son engagement militant et devient rapidement une figure de la gauche estudiantine, où il critique la gauche turque pour son manque de solutions concernant la question kurde.

En 1978, avec un petit groupe d’étudiant.e.s, Öcalan créé le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) d’inspiration marxiste-léniniste, et qui a pour objectif l’autodétermination du peuple Kurde.

Un nouveau coup d’Etat militaire a lieu en 1980, ce qui conduit à des centaines d’arrestations, d’exécutions et à des tortures systématiques. C’est en 1984 que le PKK commence la lutte armée. Conscient que la solution militaire ne pouvait pas aboutir, Öcalan décide de concentrer les efforts dans une solution politique au début des années 1990. Mais les cessez-le feu unilatéraux du PKK n’obtiennent aucune réponse de l’Etat turc.

Les années qui suivent sont marquées par des massacres et des déportations. Des milliers de villages kurdes sont rasés. En 1998, Öcalan se rend en Italie pour fuir la répression. Suite aux pressions de la Turquie, il décide de partir pour l’Afrique du Sud. En février 1999, Öcalan est capturé au Kenya par une opération conjointe des services secrets turcs, américains et israéliens.

En prison, Öcalan développe une nouvelle théorie, le « confédéralisme démocratique », inspirée par Murray Bookchin, un anarchiste écologiste américain, qui vise à rassembler les peuples du Proche-Orient dans une confédération de communes démocratiques, multiculturelles et écologistes.

Le PKK a changé de modèle et s’est transformé d’un parti marxiste-léniniste de libération nationale kurde à une organisation hétérodoxe, féministe, et contre le concept d’Etat-Nation. Abdullah Öcalan, est actuellement emprisonné à vie mais ses idées sont mises en pratique dans le kurdistan syrien, le Rojava.