« Le capital est le travail mort qui, comme un vampire, ne vit qu’en pompant du travail vivant, et plus il vit, plus il en pompe. » Karl Marx.

Pour comprendre les origines du capitalisme, il est nécessaire de commencer par le système qui l’a précédé : le féodalisme. Au Moyen-Age, les classes paysannes et les artisans travaillaient pour le compte de l'Église, des seigneurs et des rois. Ces derniers étant propriétaires de la terre, ils pouvaient vivre confortablement aux dépens de celles et ceux qui accomplissent le travail et payaient les impôts. En cas de révolte les « gens d’armes » étaient là pour protéger les puissants contre d’éventuels « Robins des Bois ». Le Moyen-Âge prend fin avec la « découverte » des Amériques. Le féodalisme va être chamboulé par l’apparition d’une nouvelle classe montante, les marchands (les futurs bourgeois), et par les débuts de la révolution industrielle.

« La grande industrie a créé le marché mondial, préparé par la découverte de l’Amérique. Le marché mondial a accéléré prodigieusement le développement du commerce, de la navigation, des voies de communication. Ce développement a réagi à son tour sur l’extension de l’industrie ; et, au fur et à mesure que l’industrie, le commerce, la navigation, les chemins de fer se développaient, la bourgeoisie grandissait, décuplait ses capitaux et repoussait à l’arrière-plan les classes léguées par le moyen Âge » Karl Marx et Friedrich Engels - Chapitre I du Manifeste du Parti Communiste, 1848

Les nouvelles routes de commerce vont permettre aux marchands de s’enrichir et, grâce aux puissances européennes, de se livrer au pillage, à l’esclavage et à la colonisation des Amériques, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Océanie.

Le profit est à la base du système capitaliste qui se met en place. La recherche de profit au détriment des êtres humains et de la nature. Voilà l’essence même du capitalisme depuis ses origines.

Au début de la révolution industrielle, les sociétés européennes se retrouvent profondément bouleversées. Les Etats-Nations et de nouvelles frontières voient le jour. La bourgeoisie révolutionne avec les innovations technologiques, les modes de production, de communication et le transport de marchandises. Les artisan.e.s se retrouvent alors menacé.e.s par la nouvelle organisation du travail dans les nouvelles usines et réagissent violemment comme lors de la révolte des « luddites », ces « briseurs de machines » anglais entre 1811 et 1812, ou encore lors de la révolte des Canuts à Lyon entre 1831 et 1834.

Les usines et le travail à la chaîne transforment des millions de paysan.ne.s en ouvrier.e.s exploité.e.s dans des conditions inhumaines et entassé.e.s dans des taudis. Dès leur plus jeune âge, cette nouvelle classe de travailleur.euse.s est envoyée à la mine ou dans les ateliers.

« La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d’autrefois. » Karl Marx et Friedrich Engels - Chapitre I du Manifeste du Parti Communiste, 1848

Tout le système capitaliste se base sur l’exploitation de la plus-value pour créer du profit. Exemple :

Un.e travailleur.euse, n’étant pas propriétaire, n’a que sa force de travail à vendre pour survivre. Cette personne est une prolétaire selon la définition de Marx. Elle est obligée de vendre sa force de travail à un patron qui lui est propriétaire de moyens de production (les machines, les usines, les terres, le capital, etc.).

La patron va alors payer le ou la prolétaire avec tout juste de quoi vivre. Imaginons que le patron paie 15$ par jour. Un.e prolétaire en travaillant une journée produit pour 50$ de valeur et/ou de marchandises. Le patron gagne donc 35$ sur le dos du prolétaire. Cette somme représente la plus-value, le travail impayé.

En suivant cet exemple, après un quart du temps de la journée de travail, les travailleur.euse.s ne travaillent donc plus que pour enrichir leur patron. Les trois quarts restants représentent le « surtravail », l’exploitation capitaliste.

"L'ouvrier emploie une partie de la journée de travail à couvrir les frais de son entretien et de celui de sa famille (le salaire) ; l'autre partie, à travailler gratuitement, en créant pour le capitaliste la plus-value, source de profit, source de richesse pour la classe capitaliste. La théorie de la plus-value constitue la pierre angulaire de la théorie économique de Marx." Lénine

La constitution des Etats-Nations joue également un rôle clef dans le développement et le maintien du capitalisme. A travers la législation, la propagande nationaliste et le pouvoir politique et armé du système étatique, le capitalisme trouve un terrain fertile dans lequel il peut s’enraciner. L’Etat-Nation devient ainsi un instrument de la classe bourgeoise pour défendre ses intérêts et assurer son maintien. Quel que soit le système politique en place (démocratie libérale, dictature, etc), le capitalisme reste le système économique défendu par le pouvoir, l’Etat et les élites.

Ses intérêts impliquent non seulement l’exploitation des prolétaires à l’intérieur de l’Etat mais également à l’international. La concurrence entre capitalistes dans la recherche du profit se joue également entre Etats. L’impérialisme est une politique qui consiste à réduire les autres États sous sa dépendance économique et politique, et donc à étendre son pouvoir au delà de ses propres frontières.  La guerre d’Irak en est un exemple : la tutelle politique et l’invasion militaire du pays pour servir les intérêts des Etats-Unis et notamment le contrôle du pétrole.

Le système capitaliste aujourd’hui ne tient pas seulement grâce à son pouvoir politique, coercitif et économique, mais aussi grâce à son pouvoir idéologique et son hégémonie culturelle. La compétitivité, l’individualisme, la concurrence, la peur de l’autre, etc. Toutes ces valeurs et idées sont portées par la propagande capitaliste et s’incarnent à travers les individus.

« Les capitalistes ont modelé le monde à leur image » Karl Marx

Le patriarcat comme le racisme sont deux systèmes d’oppression qui ont servi de piliers au développement du capitalisme, et sont, de nos jours, encore des rouages importants de ce système.

Le patriarcat, reléguant les femmes à l’intérieur du foyer, permet au système économique d’avoir une population entière (la moitié de la population) qui travaille gratuitement. Le travail domestique des femmes n’est pas reconnu comme du travail mais comme une “tâche naturelle” qui leur incombe, et ce travail gratuit de soin, d’entretien et de gestion du foyer, est nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme car il permet la reproduction de la main d’oeuvre.

Cette situation a évolué avec les révolutions féministes qui ont marqué les précédentes décennies, mais les structures patriarcales sont encore en place : dans le salariat actuel, une femme reste moins payée qu’un homme, à un poste équivalent. Autre exemple : les femmes qui travaillent le font majoritairement en temps partiel ; elles subissent une injonction non seulement à être indépendantes économiquement mais également à être le pilier de leur foyer (d’où le concept de double journée).

Le rôle du racisme dans la société capitaliste  a toujours été celui d’offrir un prétexte pour laisser libre court aux envies d’expansionnisme et de colonialisme des grandes puissances européennes, tant au niveau moral que social. Le but étant de déshumaniser des populations entières sur des critères dits “raciaux” afin de créer une masse exploitable à souhait. Il sert également d’exutoire, les “étranger.e.s” étant désigné.e.s comme des boucs émissaires, permettant ainsi de faire diversion, afin que le reste de la population ne remette pas en cause le système, et donc la réelle source de leurs problèmes. Aujourd’hui le racisme a adopté une nouvelle forme basée sur la culture : c’est-à-dire qu’il ne repose plus seulement sur des critères liés à la couleur de la peau, mais également sur des « différences culturelles » qui sont considérées comme étant naturelles et innées.

Le capitalisme est présenté comme le système “le moins pire”, comme étant celui qui fonctionne le mieux et n’ayant aucune alternative. Pourtant le capitalisme est synonyme d’exploitation, de crises, de guerres impérialistes, de destruction de l’environnement, de pillage organisé. Un système criminel responsable de la mort de millions d’êtres humains chaque année pour cause de malnutrition, de maladies curables, de pollution et d’accidents au travail. Le capitalisme est un système qui opprime la majorité et ne profite qu’à une minorité.

“L’accumulation de la richesse au niveau d’un pôle est à la fois l'accumulation de la misère, l’agonie au travail, l’esclavage, l'ignorance, la brutalité, la dégradation mentale au pôle opposé.” Karl Marx

Le capitalisme peut et doit être remplacé par un autre système qui respecte l’humanité et la planète. Un système qui permette que chaqu’un.e puisse donner selon ses moyens et prendre selon ses besoins. Et pour cela, prendre possession des moyens de production et de toute la richesse existante sur le globe au nom de toutes et de tous.

« Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous » Thomas Sankara