« La colonisation est une négation systématisée de l’autre, une décision forcenée de refuser à l’autre tout attribut d’humanité. »

Frantz Fanon, né à Fort-de-France en Martinique le 20 juillet 1925, était un psychiatre, essayiste et militant anti-colonialiste. Il est connu pour ses œuvres traitant du racisme et du colonialisme, notamment Peau noire, masques blancs (1954) et Les damnés de la terre (1961).

Il a eu comme professeur Aimé Césaire, partisan de l’indépendance, militant communiste et anti-raciste. En 1943, Fanon s’engage dans les forces françaises libres sous la direction du général de Gaulle. Il quitte la Martinique en 1944 et, après avoir reçu en Afrique du Nord une brève formation d’officier, il prend part aux combats près de la frontière suisse. A la fin de la guerre il retourne en Martinique où il participe à la campagne électorale d’Aimé Césaire.

Il revient en métropole faire ses études de médecine à la faculté de Lyon grâce à une bourse d’ancien combattant. Il y rédige un journal, Tam-Tam, destiné aux étudiants originaires des colonies françaises.

En 1950, Fanon commence des études en psychiatrie. En 1953, il devient intérimaire dans un hôpital psychiatrique en Normandie. A sa demande il est muté à un poste de médecin en Afrique. Il est alors nommé médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en Algérie, jusqu’à sa démission en 1956. Il s’engage dans la lutte contre le colonialisme français et considère qu’il ne lui est alors plus possible d’exercer sa fonction.

Fanon s’associe à l’action révolutionnaire du Front de Libération Nationale (FLN) en hébergeant des maquisards, leur fournissant locaux, informations et matériel. Il est nommé représentant du gouvernement provisoire de la République Algérienne (GPRA) et écrit dans les organes de presse du FLN, Résistance algérienne puis El Moudjahid.

Cette activité lui vaut d’être expulsé d’Algérie au début de 1957. Après un passage rapide à Paris puis en Suisse et en Italie, il s’installe en Tunisie. En 1959, il est victime d’un grave accident de voiture. Il est soigné à Rome où il échappe à deux attentats dirigés contre lui. Il noue de nombreux contacts avec des révolutionnaires africains comme Patrice Lumumba. Fanon est alors frappé de leucémie, et part se faire soigner à Moscou. A son retour il donne des cours de formation politique aux cadres de la branche armée du FLN. En avril 1961, il entreprend la rédaction son testament politique, Les damnés de la terre. Il meurt le 6 décembre 1961 à l’âge de 36 ans.

L’héritage de Fanon est une arme indispensable pour les nouveaux combats anti-impérialistes et anti-racistes qui nous attendent.