D’après le roman de Takiji Kobayashi “Le bateau usine” (1929), et adapté en manga par Gô Fujio en 2006. Takiji Kobayashi (1903-1933) a fortement marqué la littérature prolétarienne japonaise avec la publication de ses romans, bien qu’il soit décédé à seulement 30 ans. L’un de ses romans, le Propriétaire absent, lui vaut même d’être renvoyé de la banque dans laquelle il travaillait. A partir de là il se consacre pleinement à l’écriture et à partir de 1931, il s’oppose en tant que secrétaire de la Ligue des écrivains prolétariens, à l’extension de la guerre d’invasion menée par le Japon après l’incident de Mandchourie et adhère au parti communiste japonais, illégal à l’époque. Au printemps 1932, le mouvement culturel prolétarien subit une forte répression, ce qui le conduit à entrer dans la clandestinité. Le 20 février 1933 il est arrêté par la police spéciale et meurt sous la torture. Son oeuvre demeure interdite jusqu’à la fin de la guerre.

L’histoire, inspirée de fait réels, est inscrite dans un contexte historique. La pêche aux crabes à bord des bateaux usines est apparue vers 1920 au Japon. De nombreux bateaux-usines étaient des navires de seconde main, incluant des bâtiments pris aux Russes. En raison d’opposition d’intérêts avec l’Union Soviétique concernant le droit à la pêche, les mers septentrionales suscitaient une attention internationale.

Le manga “le bateau usine”, adapté du roman du même nom, commence par une scène où les proches de Kobayashi pleurent son décès. “Ils disent qu’il est mort d’un arrêt cardiaque mais ils mentent...Je n’arrive pas à croire que Takiji ait été tué pour avoir écrit un livre.” Alors que l’industrialisation fait rage dans les années 20, la pêche aux crabes s’intensifie. Des ouvriers, pêcheurs et étudiants s’embarquent sur un bateau-usine, sans se douter des conditions de travail. Exploités, battus, maltraités par l’intendant du navire qui ne pense qu’aux bénéfices et représente le s”richards” et les intérêts des actionnaires. Mais les travailleurs décident de ne pas se laisser faire, et commencent une grève.