Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama, parfois appelée “Mama Afrika” mais mieux connue comme Miriam Makeba, était une chanteuse de Jazz talentueuse et une militante internationaliste anti-apartheid chevronnée.

Née le 4 mars 1932 dans la ville de Johannesburg, en Afrique du Sud elle sera naturalisée guinéenne dans les années ‘60 ainsi qu’algérienne en 1972 mais aussi tanzanienne au courant des années ‘70.

Miriam Makeba en 1964.

Ayant à peine 20 ans Miriam Makeba est mère d’une fille, Bongi, et vit des petits travaux, surtout en tant que bonne d’enfants et laveuse de taxis. C’est à cette époque qu’elle commence à chanter avec son premier groupe, les “Cuban Brothers”, avant de devenir choriste pour un autre groupe appelé les “Manhattan Brothers”. C’est avec ce groupe qu’elle commencera à utiliser Miriam comme nom de scène en 1952.

En 1956, 4 ans après, elle écrira et produira son plus grand succès musical, la chanson “Pata Pata”, qui l'amènera à faire le tour du monde. Si elle devient très rapidement une vedette, elle se sert de sa célébrité pour dénoncer le régime de l'apartheid, ce système de ségrégation spatiale des populations sud africaines sur base raciale, et les conditions de vie misérables du prolétariat noir.

En 1959, malheureusement, elle sera contrainte à l’exil par le régime boer sud-africain en raison de son apparition dans le film anti-apartheid Come Back, Africa. Partie en tournée pour chanter son opposition, elle reviendra en Afrique du Sud seulement 31 ans après.

Cependant l’exil ne lui a pas empêché de continuer son combat et elle ne cessera pas de prononcer des discours anti-apartheid et d’appeler au boycott de l’Afrique du Sud devant les Nations-Unies.

Elle recevra aussi de nombreux soutiens de la part de personnalités pan-africanistes et anti-colonialistes tels que : Kwame Nkrumah, premier président du Ghana indépendant,  Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante, Amílcar Cabral, père de l’indépendance du Cap-vert ainsi que du Guinée-Bissau ou encore Eduardo Mondlane, fondateur du Front de libération du Mozambique.

Installée aux Etats-Unis, vers la fin des année ‘60, elle subira elle même le boycott de sa propre maison de disques, en raison de son mariage avec l’un des leaders du Black Panthers Party for Self-Defense Stokely Carmichael ainsi que son engagement dans les mouvements pour les droits civils. Elle s'exile à nouveau et s'installe en Guinée.

Miriam Makeba avec Stokely Carmichael.

Elle reprendra les tournées internationales et en 1978 elle chantera aux jeux panafricains d’Alger. En 1985, après un longue série d'événements malheureux, dont le coup d’état de Lansana Conté en 1984 et la mort de sa fille Bongi, Miriam Makeba part vivre en Europe, dans la périphérie de Bruxelles.

Poursuivant ses engagements, elle consacrera des chansons à Patrice Lumumba, héro de l'indépendance du Congo, Ahmed Sékou Touré, Malcolm X, militant musulman afro-américain pour les droits de l’homme aux Etats Unis ou Samora Machel, premier président du Mozambique indépendant.

Elle chante en zoulou, en xhosa, en tswana, en swahili et en arabe.

Miriam Makeba lors d’un de ses nombreux concerts de jeunesse.

C’est finalement en 1990 qu’elle apprend la libération de Nelson Mandela et c’est lui même qui demande à Miriam Makeba de rentrer au pays. Elle tiendra son premier concert officiel en terre natale en 1991, 32 ans après son exil, elle qui était devenue un des symboles de la lutte contre l'apartheid aux niveau international.

Elle continuera sa carrière musicale mais aussi politique en défendant de nombreuses causes qui lui étaient chères, notamment la lutte contre les violences envers les femmes et les enfants ou l'accès à de soins médicaux de base et de qualité.

En 2005 elle fera une dernière tournée officielle d’adieu pour signifier à toute le monde la fin de sa carrière musicale. Cependant elle continuera de faire des concerts de soutien, comme son dernier, qui était organisé à Castel Volturno, en Italie.

C’était le 9 novembre 2008 et après avoir jouer son dernier concert en soutien à Roberto Saviano, journaliste menacé par la mafia, elle s’effondrera dans les coulisses, victime d’une crise cardiaque. Elle avait 76 ans.

"Mama Afrika" en 1986.

La rédaction de Radix rend hommage à cette grande artiste et militante et vous propose de (ré)écouter cette chanson désormais légendaire :

Pata Pata

Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata


Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata

Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata

"Pata Pata" is the name of a dance we do down Johannesburg way.
And everybody starts to move as soon as "Pata Pata" starts to play - whoo

Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata

Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata

Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata

Whoo, every Friday and Saturday night it's "Pata Pata" time
The dance keeps going all night long till the morning sun begins to shine - hey!

Aya sat wuguga sat - wo-ho-o

Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata

Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata
Hiyo mama hiyo ma nantsi Pata Pata

Saguquga sath' - hit it!
Aah- saguquga sath' - nantsi - hit it!
Saguquga sathi bega nantsi Pata Pata

Traduction française

On profite et on dit : "regarde ça !"
Ceci est le Pata Pata ...
On profite et on dit : "regarde ça !"
Ceci est le Pata Pata ...
Oui dame, oui dame !
Ceci est le Pata Pata ...
Oui dame, oui dame !
Ceci est le Pata Pata ...

Pata Pata est le nom de la danse
Nous faisons ici à Johannesburg
Et les gens commencent à bouger
Dès que Pata Pata commence à jouer
On profite et on dit : "regarde ça !"

Ceci est le Pata Pata ...
On profite et on dit : "regarde ça !"
Ceci est le Pata Pata ...
Oui dame, oui dame !
Ceci est le Pata Pata ...
Oui dame, oui dame !
Ceci est le Pata Pata ...

Chaque soir, vendredi et samedi
C'est la fête de Pata Pata !
La danse continue toute la nuit
Jusqu'au matin qui commence à briller !

On profite et on dit : "regarde ça !"
Ceci est le Pata Pata ...
On profite et on dit : "regarde ça !"
Ceci est le Pata Pata ...
Oui dame, oui dame !
Ceci est le Pata Pata ...
Oui dame, oui dame !
Ceci est le Pata Pata ...

SOURCES

https://pan-african-music.com/miriam-makeba-la-fin-de-lexil-pas-de-la-lutte/

https://pan-african-music.com/miriam-makeba-comment-miss-makeba-est-devenue-mama-africa/

https://www.sahistory.org.za/people/miriam-makeba

https://www.jeuneafrique.com/mag/774599/societe/guinee-a-dalada-chez-miriam-makeba-aka-mama-africa/

https://lyricstranslate.com/fr/pata-pata-pata-pata.html-3