La plus-value occupe une position dominante dans la théorie marxiste de l’exploitation capitaliste.

Cependant Marx préférait utiliser le terme de survaleur plutôt que sa traduction française, puisque la plus-value était une catégorie de la comptabilité bourgeoise apparue déjà au XVIème siècle et toujours utilisée depuis.

Avec cette notion Marx voulait résumer et organiser dans un dispositif théorique global les problématiques de l’excédent de richesse et de la valeur du travail.

La plus-value est l’excédent de valeur, ou survaleur, produit par l’ouvrier/employé salarié pendant son temps de travail global, une fois qu’il a reproduit la valeur de sa force de travail.

Pour donner un exemple concret nous pouvons imaginer une ouvrière qui est payée 2500.- par mois. À un moment donné du mois la quantité du travail qu’elle fournit à son patron sera égale à 2500.- , elle aura donc reproduit sa force de travail, c’est-à-dire son salaire. À partir de ce moment tout le travail qui sera donné par l’ouvrière à son entreprise sera “en plus” et dans l’immense majorité des cas elle ne sera pas payée pour ce temps donné.

Marx a abordé la question du travail salarié en utilisant la notion de survaleur afin de démontrer que l’augmentation de la valeur, c’est à dire l’enrichissement capitaliste, ne peut pas uniquement provenir de la simple circulation, du simple échange argent-marchandise-argent-marchandise.

La survaleur est tout simplement valeur au-delà de l’équivalent. L’équivalent est par définition uniquement l’identité de la valeur avec elle-même. La survaleur ne peut donc jamais jaillir de l’équivalent ; ni donc; à l’origine, de la circulation : elle doit nécessairement surgir du procès de production du capital lui-même.” (Labica & Bensussan, 1998, p. 1113)

De cette manière Marx voulait expliquer comment le système du salariat au travail est biaisé en faveur du patronat et des classes possédantes. Même s’il peut résulter difficile de le déceler puisque quand on est immérgé.e.s dans nos activités aux travail nous avons rarement le temps de comprendre et encore moins de calculer à quel moment nous sommes vraiment en train de nous faire exploiter.

Schéma représentant les différentes parties du travail et du capital sur une journée de 14 heures

Survaleur absolue et survaleur relative

Marx utilise la distinction entre survaleur absolue et survaleur relative afin d’exposer les différents facteurs qui permettent : d’accroître la survaleur, d'accélérer la valorisation des capitaux et d’augmenter le degré d’exploitation de la force de travail, c’est-à-dire l’exploitation des travailleur.euse.s

La survaleur absolue correspond à l’explication donnée en début du texte :

La survaleur est l’excédent de valeur produit par l’ouvrier.e/employé salarié pendant son temps de travail global, une fois qu’il a reproduit la valeur de sa force de travail.

Cette survaleur absolue rencontre des limitations à sa croissance qui varient entre les pays, les époques historiques et le développement du niveau de la lutte de classes.

Par exemple la limitation du temps de travail légal à X heures par jour dans certains secteurs de l’économie a aidé à en limiter l'accroissement. Des autres barrières que la survaleur retrouve sur son chemin sont représentés par l’épuisement physiques des travailleur.euse.s  ainsi que la masse exploitable limitée de la population ouvrière. Effectivement les patrons ne peuvent pas exploiter plus d’employés que ceux et celles qui sont déjà à leur disposition.

Par survaleur relative, Marx désigne la survaleur obtenue par les travailleur.euse.s , mais empoché par les patrons, en faisant baisser la durée du temps nécessaire à la reproduction de sa propre force de travail. La durée globale de la journée de travail étant limitée et demeurant égale.

Cette diminution de la durée du travail nécessaire a été obtenue grâce à l’effet des plusieurs facteurs qui se sont combinés au fur et mesure du développement du système de production capitaliste : la coopération, la division du travail, l’application de la science au champ du travail, l’utilisation croissante des machines et de système de machines, etc.

Ainsi la survaleur relative est le résultat du raccourcissement du temps de travail nécessaire par des méthodes grâce auxquelles il faut moins de temps pour produire l’équivalent du salaire.

SOURCES

  • Bensussan G., Labica G. Dictionnaire critique du marxisme. Paris : Éditions Quadrige/PUF, 3éme ed. 1999.