Le concept de superstructure fait famille avec celui de base, ou infrastructure économique ou base matérielle. Ces concepts désignent la structure du tout social, c’est à dire de la société humaine dans son ensemble.

Pour donner une image simplifiée mais peut être plus claire, nous pouvons imaginer l’infrastructure comme étant les fondations d’une maison et la superstructure comme étant les murs et le toit.

Lénine préférait utiliser une image plus biologique pour expliquer ces concepts: “ [...] la superstructure est la chair et le sang du corps social, dont la base est le squelette.” (Labica & Bensussan, 1998, p. 1107)

Le terme de superstructure est variable - comme celui de la base -,  y compris dans les textes de Marx. Le terme s’emploie parfois au pluriel , parfois au singulier uniquement.

Dans sa préface de la Contribution à la critique de l’économie politique, écrite en 1859,  Marx parle de la superstructure juridique et politique mais au droit et à l'État viennent s’ajouter : les idéologies, les normes des comportements, la religion, la philosophie, l’art et parfois même les sciences, les langages et la pensée. Voilà ce que Marx lui même appelle : “toute l’énorme superstructure” (Labica & Bensussan, 1998, p. 1107)

La base matérielle est composée des forces productives, c’est à dire les êtres humains ainsi que leurs moyens de production, c’est à dire leurs outils et leurs techniques de travail. Ainsi les forces productives déterminent les rapports de productions. Ces rapports de productions sont partie intégrante de la base matérielle et sont composés par : les relations entre le différentes classes sociales (bourgeoisie, prolétariat, paysannerie, petite bourgeoisie, lumpen prolétariat,etc…), les modalités de répartition des richesses produites et les formes de propriété (privé, publique,etc…).

Ces deux concepts sont donc intimement liés selon Marx, puisque la superstructure est déterminée en dernière instance par la base : “ mais elle en est aussi une condition d’existence : on n’a jamais vu (ni conçu) d’économie [ de base N.d.r] sans société [ superstructure N.d.r], ni de société [ des êtres humains, càd de base matérielle N.d.r] sans idéologie. [superstructure N.d.r] (Labica & Bensussan, 1998, p. 1110)

C’est pourquoi la base ne prend son plein sens qu’au sein du couple qu’elle forme avec la superstructure, cette dernière représentant à la fois sa forme et sa dépendance. (Labica & Bensussan, 1998, p. 93)

C’est grâce à cette relation entre base et superstructure que Marx opère un changement matérialiste dans sa théorie de l’histoire. En disant que la base est la dernière instance, le dernier déterminant de la superstructure il apporte un changement important au niveau philosophique : “ il substitue à la relation “conscience-être” la relation “être-conscience”. “ (Labica & Bensussan, 1998, p. 93)

C’est ainsi qu’il opère le passage de l’idéalisme à la dialectique matérialiste.

Schéma représentant les liens et les influences entre superstructure et infrastructure, autrement appelée “la base matérielle”.

BIBLIOGRAPHIE

Marx K., (1859). Contribution à la critique de l'économie politique. Paris : Éditions sociales, 1972.

Bensussan G., Labica G. Dictionnaire critique du marxisme. Paris : Éditions Quadrige/PUF, 3éme ed. 1999.


La Sociothéque. (2018). Sylvain Dramaix. Consulté le 10.1.2019 sur  https://socialberliere.blogspot.com/